jeudi 21 juin 2007
Kant au ministère de l'Education nationale. Ou, conflits dans les facultés?
Par Jean-Christophe Le Coustumer - catégorie : Actualité - #10 - rss
Le débat devient intense autour du projet de loi sur l'autonomie des universités.
Les blogs commemcent à alimenter le débat, comme celui de Dimitri Houtcieff , et nul doute que les échanges vont continuer.
En plus de la question sur les enjeux politiques, la réforme de l'Université suscite bien sur des réflexions importantes sur les évolutions nécessaires de ce lieu si particulier de production et de diffusion du savoir qu'est l'Université.
Cette question du lien entre les lieux de la connaissance et la connaissance des lieux est essentielle si l'on veut tenter de s'aventurer sur le terrain d une réflexion simultanée sur le role, la fonction, de ceux qui produisent et diffusent le savoir, la connaissance, et de ceux qui organisent et controlent ces lieux de la production et de diffusion.
On ne produit pas en effet la science de nulle part, sans nulle raison et pour aucun public. Or le cadre dans lequel s'effectue, se construit la science, la recherche, influe beaucoup sur la nature de ce qui y est produit et ce qui est "trouvé" (cf. les travaux de la sociologie des sciences ).
Inutile de dire que les facultés de droit, comme d'autres, sont en prise directe avec cette tension, situées qu'elles sont au coeur de la réflexion sur notamment le conflit entre le pratique et le theorique, l'universitaire et le professionnel.
Pour terminer cette premiere note introductive sur un theme aussi vaste, un texte engagé trouvé sur le site Erudit.org pour inaugurer donc cette reflexion qui ne saurait tarir dans les semaines qui viennent.
Résumé du texte : Universitaire prenant le risque de parler de l’université sans renoncer au « je », l’auteur propose une analyse du champ universitaire aujourd’hui sous l’angle du «conflit des facultés» dont parlait Emmanuel Kant il y a plus de deux cents ans. À l’heure de la globalisation d’un marché mondialisé, il y a risque que les rapports entre société(s) et université(s) conduisent à une nouvelle sujétion, non plus aux pouvoirs religieux ou politique, mais économique. La conclusion prend la forme d’un plaidoyer en faveur du maintien d’une nécessaire et féconde tension entre divers ordres et divers modes de rationalité dans les universités et dans les sociétés.
En plus de la question sur les enjeux politiques, la réforme de l'Université suscite bien sur des réflexions importantes sur les évolutions nécessaires de ce lieu si particulier de production et de diffusion du savoir qu'est l'Université.
Cette question du lien entre les lieux de la connaissance et la connaissance des lieux est essentielle si l'on veut tenter de s'aventurer sur le terrain d une réflexion simultanée sur le role, la fonction, de ceux qui produisent et diffusent le savoir, la connaissance, et de ceux qui organisent et controlent ces lieux de la production et de diffusion.
On ne produit pas en effet la science de nulle part, sans nulle raison et pour aucun public. Or le cadre dans lequel s'effectue, se construit la science, la recherche, influe beaucoup sur la nature de ce qui y est produit et ce qui est "trouvé" (cf. les travaux de la sociologie des sciences ).
Inutile de dire que les facultés de droit, comme d'autres, sont en prise directe avec cette tension, situées qu'elles sont au coeur de la réflexion sur notamment le conflit entre le pratique et le theorique, l'universitaire et le professionnel.
Pour terminer cette premiere note introductive sur un theme aussi vaste, un texte engagé trouvé sur le site Erudit.org pour inaugurer donc cette reflexion qui ne saurait tarir dans les semaines qui viennent.
Résumé du texte : Universitaire prenant le risque de parler de l’université sans renoncer au « je », l’auteur propose une analyse du champ universitaire aujourd’hui sous l’angle du «conflit des facultés» dont parlait Emmanuel Kant il y a plus de deux cents ans. À l’heure de la globalisation d’un marché mondialisé, il y a risque que les rapports entre société(s) et université(s) conduisent à une nouvelle sujétion, non plus aux pouvoirs religieux ou politique, mais économique. La conclusion prend la forme d’un plaidoyer en faveur du maintien d’une nécessaire et féconde tension entre divers ordres et divers modes de rationalité dans les universités et dans les sociétés.




Commentaires
1. Le vendredi 22 juin 2007 à 11:13, par JMB
2. Le vendredi 22 juin 2007 à 12:48, par JCLC
@JMB
Egalement d'accord (quel consensus...) avec ce que vous dites.
Je ne sais pas si existent des études qui cartographient le milieu universitaire en général ou le milieu universitaire juridique en particulier, il va falloir faire quelques recherches.
Un point sensible de la réforme des universités va être sans doute la possibilité visiblement laissée (c'est un avant projet de loi pour l'instant dont les modalités doivent être précisés) au Pdt de l'Université de choisir de faire recruter par ses instances universitaires propres des enseignants contractuels en lieu et place d'enseignants-chercheurs "validés" par les instances universitaires nationales de qualification, c'est-à -dire d'authentification. Les Universités deviennent donc autonome dans le choix des enseignants en évaluant elles-mêmes leut capacité à l'enseignement et à la recherche. S'instaurerait donc une concurrence sur le marché de l'enseignement (drôle d'expression...) et sur celui de ce que Bourdieu appelait je crois le "droit d'entrée", les Universités pouvant choisir des enseignants de façon autonome, à côté de ceux déjà choisis ou pré-choisis (authentifiés)par l'Etat. C'est donc une décentralisation de l'authentification universitaire qui s'instaure, ce qui est assez destabilisant. Mais elle vise peut être, ou permet, de jouer sur une plus grande adaptabilité de l'enseignant à son public et une plus grande adéquation de l'enseignant avec les matières enseignés dans le cadre de diplômes, qui, pour l'instant je crois, restent pour leur création, uniquement du ressor de l'Etat...tensions en perspectives.
Ajouter un commentaire